AQ-Golden Voyages




epuis maintenant des jours qu’il marchait sous le soleil ardent de Zakhara. Le sable se dévoilait sous ses pieds offrant une résistance plus ardue à chaque pas. A chaque inspiration l’air inhalé au travers son Cheich lui transperçait sa gorge asséchée, semblable à la lame affutée d’un cimeterre. Le vent effaçait rapidement l’empreinte de ses pas dans le sable, tel une âme errante ne laissant aucune trace sur son passage. Au sommet de chaque dune, il pouvait goutter à l’infini devant le long ruban de sable ocre déroulé sous ses yeux noirs. L’espoir s’amenuisait au passage de chaque nouvelle dune, son existence ne tenait plus qu’à un fil. La Destinée devait trancher entre la vie ou la mort, mais il savait au plus profond de son être, devenir Shaïr faisait partie de son Destin.

La dernière épreuve pour accéder au titre de Shair, mage des sables, se dressait devant lui, affronter le sable du désert et y survivre. La fatigue accumulée dans son corps était un fardeau pour son esprit. Il rêva qu’il était un simple grain de sable se mouvant au grès du vent, lorsqu’une tempête de sable l’extirpa de son songe. Quand la tempête se calma, devant lui jaillit du sable une porte gigantesque. Un génie du sable apparut tenant entre ses mains une jarre :

“Boit l’Eau du désert, remplis cette jarre de sable, et emprunte la porte de la Destinée pour renaître sous le nom de Aarag al-Sahal!”


l marchait au milieu de la foule, tel un bédouin traversant le désert. Le poids des regards portés sur sa personne alourdissait chacun de ses pas. Un sentiment de solitude envahit son corps, il était maintenant seul, la Destinée l’avait épargné… mais à quel prix ? Il ne connaitra plus les plaisirs de la chair au sein du palais du Sultan, fini les luxurieux repas. Dorénavant, il dormira avec les êtres qu’il détestait le plus au monde : les mendiants. Comme le disait son pauvre grand-père :

“Chercher à se justifier quand on n’est pas coupable, c’est s’accuser ; le monde est du côté de celui qui est debout.”

La vie d’opulence en digne Al-Hadhar était terminée, plus rien ne le retenait dans cette cité à part la honte, la défaite, et la faillite. Il devait l’accepter et emprunter la voie de l’Al-Badia, seul et unique chemin pouvant lui faire retrouver sa dignité perdue.